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Conférence « Vérité ou Post-Vérité ? », mercredi 22 février 2017

Conférence de l’AMEP :

« Vérité ou Post-Vérité,
de la rationalité en politique »

le mercredi 22 février dans l’amphithéâtre François Furet au 105 Boulevard Raspail de 11h à 13h.

Avec Gil Delannoi, Marcel Gauchet et Philippe Raynaud

La post-truth est-elle une nouvelle manière de qualifier les discours populistes contemporains? Ou met-elle au jour une dynamique électorale qui a toujours eu cours disqualifiant de fait la “vérité” comme catégorie politique pour les démocraties modernes? Au vu du succès du concept dans les médias, il semble important à présent que les études politiques cherchent à le clarifier, à l’aube d’une année politique qui s’annonce dense.

Nous avons le plaisir de vous annoncer la tenue le mercredi 22 février  de 11h à 13h dans les locaux de l’EHESS (105 bd Raspail, Paris, amphithéâtre François Furet) d’une conférence de l’AMEP  qui portera sur la place de la vérité dans la rationalité politique.

Accéder à l’enregistrement audio.

A cette occasion, nous avons eu le grand plaisir de recevoir trois invités :

Gaël Brustier

Gil Delannoi

Chercheur au CEVIPOF (Sciences Po), directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politique, Gil Delannoi est aussi membre des comités de rédaction des revues Esprit, Commentaire, Zénon.
Ses travaux académiques portent notamment sur les théories de la démocratie, de la nation, ainsi que sur des études comparées de philosophie occidentale antique, moderne  et orientale.

Auteur de Le Procès de Machiavel, Paris, Berg International, 2014

Gérard Grunberg

Marcel Gauchet

Ancien directeur d’études émérites à L’EHESS (CESPRA), directeur de la revue Le Débat (Gallimard), Marcel Gauchet a mené une réflexion en profondeur sur les mutations des démocraties contemporaines et de la condition de ses individus.

Auteur de L’Avènement de la démocratie, t. 4, le Nouveau Monde, Gallimard, Paris, 2017.

Gérard Grunberg

Philippe Raynaud

Professeur des universités en science politique à l’université de Paris-II, Panthéon-Assas, membre de l’Institut universitaire de France, Philippe Raynaud s’intéresse dans une grande part de ses travaux à l’articulation complexe entre le droit, la politique et la philosophie dans les sociétés modernes et dans la pensée libérale.

Auteur de La politesse des Lumières, les lois, les moeurs et les manièresParis, Gallimard, 2013. Prix La Bruyère de l’Académie française

L’entrée est libre et gratuite.

Merci de vous munir d’une carte d’identité pour accéder au bâtiment.

Élire le Président de la République : pour quelle démocratie, avec quelles institutions ?

La campagne présidentielle peine à proposer des projets politiques lisibles, mais ne faudrait-il pas commencer par s’interroger sur la démocratie que nous souhaitons et les institutions qui s’en suivent ? À commencer par le rôle du Président de la République lui-même.

Les citoyens et les citoyennes français(es) vont probablement exprimer des attentes fortes vis-à-vis des programmes des candidats à l’élection présidentielle. Or, une fois un projet politique proposé, encore faudrait-il s’assurer de l’existence d’institutions capables de le mettre en oeuvre.

En clin d’oeil à une autre grande démocratie battant campagne présidentielle, retenons pour repère cette phrase introductive du Fédéraliste visant la ratification de la Constitution américaine de 1787 : « il semble réservé au peuple de ce pays de décider, par sa conduite et son exemple, cette importante question : si les sociétés humaines sont réellement capables ou non d’établir un bon gouvernement par réflexion et par choix, ou si elles sont à jamais destinées à dépendre, pour leurs constitutions politiques, du hasard et de la force » (1).

Se choisir un destin commun et définir les institutions nécessaires à son actualisation, tel fut l’enjeu constitutionnel fondateur de la politique moderne des États-Unis d’Amérique.

L’élection présidentielle française à venir fournit l’occasion de réfléchir aux fondamentaux de la vie collective à long terme. Pourquoi ne pas déjà se demander si l’institution qui nous émeut tant, celle de l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, est à même de porter le projet démocratique promis ?

Or, l’idée même de démocratie est associée à une sorte d’acquis politique qu’il serait inutile de définir. Toutefois, l’émotion collective suscitée par ces rares moments d’expression populaire que sont les élections présidentielles témoigne d’un attachement au régime réglant nos vies et à ce qui demeure démocratique dans sa pratique à nos yeux, à savoir l’élection.

Pourtant, en contrepoint de cette effervescence populaire, nos difficultés à formuler nos attentes en général, nos hésitations à aller voter pour d’autres scrutins, ne signalent-ils pas l’effacement subreptice de quelque chose de crucial en démocratie ?

Pour le déplorer ouvertement, saurions-nous dire dans quelle mesure nous nous gouvernons nous-mêmes à égalité ? La question n’est pas triviale : elle renvoie au régime sous lequel nous vivons et qui est, comme souvent dans l’histoire, remis en cause par d’autres formes de gouvernement dont nous rejetons les conceptions de la vie sociale.

Évidemment, elle implique de s’interroger aussi sur les institutions qui la font vivre, à commencer par cette élection elle-même – le mode de scrutin et la fonction présidentielle à laquelle il donne accès. Le piège est donc béant qui invite les candidats à formuler des critiques sur ce à quoi ils prétendent ; mais, après tout, l’heureux élu aura ensuite cinq ans pour changer les choses.

La base commune du débat peut raisonnablement renvoyer à une définition générale de la démocratie moderne comme le gouvernement par lequel la liberté des individus tient à leur égale participation à leur propre gouvernement. Le terme de participation est ici pratique, car il ne disqualifie pas la démocratie représentative au profit d’une autre, plus directe, tout en englobant celle-ci dans l’éventuel projet à venir.

Ainsi, en démocratie, les affaires publiques sont-elles régies par des lois émanant des citoyens, la chose est entendue ; il faut donc pouvoir appliquer et faire respecter celles-ci. Or, il y a là fameusement trois dimensions au moins techniquement nécessaires du pouvoir politique.

Il demeure que le pouvoir fondamental, autour duquel s’articulent les deux autres est le législatif, celui de dire la loi commune à faire ensuite appliquer – pouvoir exécutif – et respecter – pouvoir judiciaire. De Gaulle avait prévu de le rationaliser pour pallier les instabilités des républiques précédentes en lui imposant des règles strictes pour qu’il produise, de manière effective, les lois. Il avait aussi souhaité un exécutif fort, non freiné par les tergiversations du législatif.

Au-delà du pouvoir exécutif même, il estimait nécessaire « qu’au-dessus des contingences politiques soit établi un arbitrage national qui fasse valoir la continuité au milieu des combinaisons » (2). La Résistance l’avait auréolé auprès d’une large majorité de Français d’un charisme lui conférant ce rôle d’arbitre détaché des contingences.

Il avait alors espéré que ce charisme présidentiel perdure après lui, par un attachement symbolique fort des citoyens à leur Président de la République, via l’élection de ce dernier au suffrage universel direct, instaurée par la célèbre révision constitutionnelle de 1962.

Or, pouvoir être au-dessus des partis renvoie, dans le discours de De Gaulle, comme plus explicitement dans plusieurs théories politico-constitutionnelles classiques, à la pré-existence d’une unité entre majorité et minorité autour de ce qui les rassemble en une même collectivité politique. Les théories évoquées nomment souvent le pouvoir garant de cette unité le « pouvoir neutre » (3).

D’aucuns voient dans le rôle acquis par le Conseil Constitutionnel depuis sa création par la Constitution de 1958, l’expression d’un pouvoir neutre cherchant à garantir, au-delà des partis, un certain équilibre social au nom du droit.

Ouverte à la discussion, cette conception ne suffit toutefois pas à identifier le détenteur permanent dudit pouvoir neutre, le Conseil n’étant qu’occasionnellement saisi. La Constitution de la Ve République invite à regarder encore du côté du Président de la République : son article 5 précise en effet que celui-ci « assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État ».

Si le Président de la Ve République renvoie à un pouvoir au-dessus des partis, garant d’une stabilité de la collectivité politique à laquelle nous sommes attachés, nous nous trouvons à présent dans une impasse. En effet, un pouvoir associé à tous ceux du Président de la Ve République, élu au suffrage universel direct lui accordant l’onction populaire, pour un mandat renouvelable et qui plus est, chef de la majorité parlementaire en mode normal – hors cohabitation – n’a-t-il pas tendance à perdre de sa neutralité, à se muer en pouvoir d’agir réel et non plus seulement d’arbitrer ?

Plus familièrement, n’est-ce point trop pour un seul homme ? Qu’une instance garantisse le maintien d’une certaine cohésion sociale, d’un compromis entre majorité et minorité permettant de faire société, est une chose sans doute souhaitable ; que celle-ci déborde sur le pouvoir de légiférer en est une autre qui vient questionner notre conception première de la démocratie.

N’y a-t-il pas là, au-delà de toute bonne volonté première, un impensé du gaullisme qu’il serait temps de reconsidérer ? S’il n’est pas exclu que nous en confirmions le fondement, au moins aurons-nous reformulé nos attentes en matière de gouvernement démocratique.

Quelques remarques historiques peuvent cadrer le débat. D’abord, dans le sillon de la Révolution française, la souveraineté royale devenue populaire puis nationale, devait alors s’exprimer par la médiation de ses représentants, au Parlement.

Or, tout se passe depuis lors comme si cette souveraineté nationale conquise de haute lutte était l’objet, non pas d’une séparation des pouvoirs censés, selon l’expression éclairante de Mirabeau, « concourir » ensemble à représenter la nation souveraine, mais plutôt d’un rapport de force entre ces mêmes pouvoirs, à celui qui serait le plus souverain.

Toute l’histoire constitutionnelle post-révolutionnaire témoigne de ce rapport de force, tantôt favorable à l’exécutif, tantôt au législatif, avec les débordements qui s’en suivirent dans les deux cas (coup d’État du Second Empire mettant fin à la IIe République, instabilités parlementaires de la IIIe République pour en citer les plus gros traits).

Revenir aux fondamentaux de la démocratie invite à se demander comment une représentation démocratique de tous les citoyens peut laisser un Parlement légiférer, un exécutif exécuter, des juges juger, en considérant que tous concourent à l’expression première de la liberté commune des citoyens.

Cette commune citoyenneté peut alors exprimer le besoin que soit garantie son unité, par un attachement à un pouvoir d’un autre ordre, qui ne gouverne pas, mais qui rassemble. Mais peut-on envisager d’attribuer ce pouvoir au chef de l’Exécutif quand son gouvernement est responsable devant le Parlement ?

Dans un régime nettement présidentiel, comme celui des États-Unis d’Amérique, la séparation stricte garantie par les fameux checks and balances, autorise à considérer cette option ; dans un régime parlementaire, le Président de la République peut-il tout à la fois concourir à la liberté commune en veillant à la juste exécution de lois qu’il contribue déjà amplement à former, tout en arbitrant avec impartialité entre une minorité qu’il représente aussi et une majorité qu’il conduit ?

S’il y a d’autres pans de réflexion à déblayer sur le plan institutionnel voire au-delà (représentativité parlementaire, exemplarité du personnel politique, etc.), redéfinir une démocratie représentative et la doter des institutions correspondantes pourrait constituer le premier chapitre d’un programme de campagne.

À un second niveau en découleraient des priorités différentes, selon que la conception démocratique défendue serait celle d’une démocratie plutôt sociale, ou libérale, ou autre encore, via des combinaisons diverses. Cet article ne souhaitait qu’attirer l’attention sur les fondations de notre démocratie, comme un modeste conseil au prince… pardon, aux candidats à l’élection présidentielle.

Marie-Hélène Caitucoli.

Notes:

(1) Le Fédéraliste, James Madison, Alexander Hamilton, John Jay, Édition d’Anne Amiel, Classiques Garnier, Paris, 2012. p.76 pour la citation.
(2) Charles-de-Gaulle, Discours de Bayeux, 15 juin 1946
(3) Le terme est d’abord utilisé par Benjamin Constant dans ses Principes de politique (1806, publiés en 1815) ; une idée similaire se trouve dans les discours antérieurs de Sieyès dès la Convention puis pour la préparation de la Constitution de l’an III.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-160879-elire-le-president-de-la-republique-pour-quelle-democratie-avec-quelles-institutions-2030547.php?x6IYbCVAEQi3xodS.99

Nicolas Buiron

Les philosophes « réformateurs » des XVIe et XVIIe siècles : Leurs motifs et leurs projets

Les philosophes « réformateurs » des XVIe et XVIIe siècles :
Leurs motifs et leurs projets.

Journée d’études organisée le 7 Octobre 2016
au 96 Bd Raspail, 75006 Paris, Salle Lombard

En partenariat avec l’EHESS-CESPRA

Nicolas Buiron

Matinée

9h : Présentation
9h15 : Juliette Morice : « Les voyages modernes : pratique, concept et métaphore. »
9h45 : Christophe Litwin : « Montaigne : réformer au temps des causes perdues ? »

10h15 : Discussion. Pause

11h00 : Adrien Louis : « Instaurer le peuple dans sa gloire : la réforme de Machiavel. »
11h30 : Stéphane Bonnet : « Réformation et déformation dans le traité Della ragion di
Stato de Giovanni Botero. »

Après-Midi 14h00 : Luc Peterschmitt : « Bacon : réformer la science, réformer la société. »
14h30 : Denis Kambouchner : « Descartes et le problème de la réforme des esprits. »

15h : discussion

15h45 : Christophe Miqueu : « Spinoza : de la réforme intellectuelle à la réforme
politique ? »
16h15 : Nicolas Dubos : « Hobbes, réformateur religieux ? »

Organisation assurée pour l’AMEP par Adrien Louis

Table-ronde « Expériences de l’écriture » autour de Pierre Lemaitre, Prix Goncourt 2013

L’AMEP se joint au Fonds de dotation de l’EHESS pour vous convier à une table-ronde sur les « expériences de l’écriture » le jeudi 07 avril 2016 à 17h30. Amphithéâtre François Furet. 105, Bd Raspail, Paris 6e.

Invités :

Pierre Lemaitre, Prix Goncourt 2013 pour Au revoir là-haut  (vient de paraître : Trois jours et une vie)

Gloria Origgi (La figlia della gallican sera)

Richard Rechtman (Les vivantes)

Modérateur : Stéphane Audouin-Rouzeau (EHESS)

 

Ecriture

Recherche Roman

https://www.ehess.fr/fr/conférence/recherche-roman-expériences-lécriture

 

EHESS logo officiel

Les démocraties libérales face au terrorisme

Nous avons le plaisir de vous annoncer la tenue de la journée d’études suivante :

Les démocraties libérales face au terrorisme :

la réponse pénale, l’état d’urgence et la surveillance

 

 

Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

190 avenue de France, 75013 Paris

Salle 015 – 15 janvier 2016

 

 

9h15 – Ouverture de la journée

 

9h30 – « La prévention pénale du terrorisme », Julie Alix, Professeur à l’université de Lille 2

 

10h30 – « Contrôles de la législation antiterroriste », Olivier Cahn, Maître de conférences à l’université de Cergy-Pontoise

 

11h30 – Pause

 

11h45 – « La doctrine dite du  »droit pénal de l’ennemi » : de l’ennemi intérieur à la  »police » mondiale ? », Dominique Linhardt, Chargée de recherche au CNRS

 

12h45 – Pause déjeuner

 

14h30 – « Counter-terrorism and surveillance state », Tom Sorell, Professeur à l’université de Warwick (Royaume-Uni)

 

15h45 – « La coopération en matière de renseignement en Europe face aux urgences de l’antiterrorisme », Olivier Chopin, Enseignant à Sciences Po et chercheur associé au CESPRA

 

16h45 – Pause

 

17h00 – Table ronde de discussion

 

Modérateur, Luc Foisneau, Directeur de recherche au CNRS et membre du CESPRA

1) « Retour sur la loi du renseignements de 2015 », Florent Vadillo, collaborateur parlementaire de Jean-Jacques Urvoas, président de la Commission des lois de l’Assemblée nationale.

2) « L’état d’urgence », Bernard Manin, Professeur à l’université de New York et directeur d’études à l’EHESS

 

Organisation : Bernard Manin, Félix Blanc, Luc Foisneau et Rui Pereira

 

sur invitation : rp.miguel@outlook.fr

Avec le soutien :

Centre d’études sociologiques et politiques Raymond Aron (CESPRA)

Association des Amis de la Mention Études Politiques (AMEP)

Big Brother

Big Brother, oui et alors ? Soirée de l’AMEP

Vos soirées de l’AMEP

présente

Big Brother, oui et alors ?

Un Ciné-Débat, Mardi 12 mai de 18 à 20h
en Salle 1 au 105 Boulevard Raspail 75006

Et si Big Brother ne nous effrayait plus ?

Ce mardi 12 mai, de 18h à 20h, l’AMEP vous propose dans le cadre de Vos soirées de l’AMEP un Ciné-Débat sur le thème de la surveillance globale.

Inutile d’apporter vos lunettes 3D. Le popcorn et les boissons seront toutefois de la partie. (Merci la mention Études Politiques !)

Notre Ciné sera cette semaine un extrait court de l’émission Last Week Tonight avec John Oliver et Edward Snowden sur la surveillance de masse et sa perception par le grand public (avec sous-titres français).

Place ensuite à plus d’une heure de discussion avec vous, afin de mieux comprendre notre appréhension, notre indifférence ou notre soutien à la surveillance globale des données, mais aussi de mieux saisir le rôle et l’impact des lois de sécurité (Patriot Act par exemple) ou des « lanceurs d’alerte ».

Les plus téméraires pourront ensuite poursuivre les débats dans un bar après 20h.

Inscriptions sur Facebook : https://www.facebook.com/events/359211954283563/.

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L’AMEP sur Twitter

Nous avons le plaisir de vous annoncer que l’association AMEP se trouve maintenant sur le réseau social Twitter. C’est un moyen simple et efficace de rester en contact et de vous tenir au courant de notre actualité, de celle de la mention Études politiques de l’EHESS et de celle des « études politiques » en général.

Vous trouverez notre compte à l’adresse suivante : https://twitter.com/AMEP_Ehess

 

N’hésitez pas à nous suivre.

L’équipe de l’AMEP