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Conférence annuelle 06/03/2018 : Peut-on encore être conservateur ?

Conférence annuelle de l’AMEP :

Peut-on encore être conservateur ?

Pour une définition contemporaine

avec Philippe Bénéton (Professeur émérite de l’université de Rennes I) , Philippe Raynaud (Professeur des universités en science politique à l’université de Paris-II), et Armand Rouvier (docotrant au CESPRA-EHESS).

Mardi 06 mars
de 10h à 12h30
Amphithéâtre François Furet (105 Blvard Raspail, 75006 Paris)
Entrée libre.

Conf
AMEP Affiche 2018 mars 06 Peut-on encore être conservateur
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Le conservatisme est-il historiquement daté ?

La France ne connait après tout aucun grand parti qui se réclamerait aujourd’hui du conservatisme et le terme semble lui-même chargé d’une lourde connotation péjorative qui découragerait l’essentiel des intellectuels à s’en revendiquer explicitement.

Qu’en remplacement de la dichotomie gauche-droite comme principale division idéologique politique, Emmanuel Macron ait affirmé que « le nouveau clivage est entre progressistes et conservateurs », c’était, semble-t-il, redonner quelque noblesse, du moins une actualité, à ces derniers.

Mais c’était peut-être là aussi manière de construire un commode adversaire. Car, aux yeux progressistes en effet, le conservatisme est jugé. Force obscurantiste, résistance déraisonnable et futile à la marche des choses, la position conservatrice n’est compréhensible que par quelques affects mal placés. Elle est peu ou prou assimilée à la réaction, qui du moins ne saurait s’en distinguer qu’en degré.

Le conservateur naturellement peut refuser d’être confondu avec l’immobilisme et mobiliser en sa faveur une mesure, une modération, une modestie devant l’Histoire qui contrasterait avec l’hubris progressiste, révolutionnaire ou même réactionnaire.

Dans les deux cas toutefois, la position du conservateur semble mal définie. Qu’est-ce que le conservateur contemporain voudrait encore conserver ? Sur quoi se fonderait et porterait la modération dont il se prévaut ? Qu’est-ce qui en somme définirait un conservateur aujourd’hui ?

Se pose en premier lieu la question de savoir s’il est possible de s’approcher ainsi du conservatisme par une doctrine, même minimale de l’anti-idéologie, ou, au contraire, s’il faut d’abord y percevoir un éthos, une disposition, un tempérament voire un « art de vivre » conservateur.

De cette distinction découle sans doute une partie de l’ambiguïté historique du conservatisme.
Soit il est résolument moderne ou plutôt antimoderne si l’on fait remonter son origine à la Révolution française et notamment à ses détracteurs rétrogrades. Il est alors définitivement daté (s’arrêtant sans doute avec Maurras) et se pose la question de la caractérisation du courant dit « conservateur » actuel, au Royaume-Uni par exemple, comme survivance ou variante infidèle.
Soit son origine et sa doctrine sont plus indistinctes si l’on inclut par exemple Hume, Montaigne ou jusqu’à Cicéron à son corpus. La substance doctrinale s’estompe alors nettement et mérite d’être précisée.

Le conservatisme serait-il alors un enfant du scepticisme ? S’il parait cohérent de rapprocher une méfiance devant toute forme brutale de changement à une épistémologie de l’incertitude, rien n’interdit à l’inverse de concevoir la révolution comme produit du scepticisme moderne et le conservateur comme son adversaire.

L’objet de la Conférence annuelle de l’AMEP de 2018 sera de s’approcher avec nos intervenants Philippe Bénéton, Philippe Raynaud et Armand Rouvier des difficultés posées par l’appréhension du conservatisme, ou du moins de ce qui va caractériser un conservateur pour notre temps. Sans renier l’intérêt des débats sur la périodisation du conservatisme historique, ou la pertinence du rattachement de tel auteur ou non à son corpus -questions immédiatement liées à notre problématique-, notre première visée sera d’éclairer, même modestement, les assises philosophiques sur lesquelles un conservateur actuel peut fonder sa pensée.

A l’Ecole des hautes études en sciences sociales – Conférence annuelle de l’AMEP

Peut-on encore être conservateur ?

Pour une définition contemporaine

 Mardi 06 mars 2018, 10 h – 12 h 30

EHESS, 105, Bd Raspail, Paris – Amphithéâtre François Furet

Conférence « Vérité ou Post-Vérité ? », mercredi 22 février 2017

Conférence de l’AMEP :

« Vérité ou Post-Vérité,
de la rationalité en politique »

le mercredi 22 février dans l’amphithéâtre François Furet au 105 Boulevard Raspail de 11h à 13h.

Avec Gil Delannoi, Marcel Gauchet et Philippe Raynaud

La post-truth est-elle une nouvelle manière de qualifier les discours populistes contemporains? Ou met-elle au jour une dynamique électorale qui a toujours eu cours disqualifiant de fait la “vérité” comme catégorie politique pour les démocraties modernes? Au vu du succès du concept dans les médias, il semble important à présent que les études politiques cherchent à le clarifier, à l’aube d’une année politique qui s’annonce dense.

Nous avons le plaisir de vous annoncer la tenue le mercredi 22 février  de 11h à 13h dans les locaux de l’EHESS (105 bd Raspail, Paris, amphithéâtre François Furet) d’une conférence de l’AMEP  qui portera sur la place de la vérité dans la rationalité politique.

Accéder à l’enregistrement audio.

A cette occasion, nous avons eu le grand plaisir de recevoir trois invités :

Gaël Brustier

Gil Delannoi

Chercheur au CEVIPOF (Sciences Po), directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politique, Gil Delannoi est aussi membre des comités de rédaction des revues Esprit, Commentaire, Zénon.
Ses travaux académiques portent notamment sur les théories de la démocratie, de la nation, ainsi que sur des études comparées de philosophie occidentale antique, moderne  et orientale.

Auteur de Le Procès de Machiavel, Paris, Berg International, 2014

Gérard Grunberg

Marcel Gauchet

Ancien directeur d’études émérites à L’EHESS (CESPRA), directeur de la revue Le Débat (Gallimard), Marcel Gauchet a mené une réflexion en profondeur sur les mutations des démocraties contemporaines et de la condition de ses individus.

Auteur de L’Avènement de la démocratie, t. 4, le Nouveau Monde, Gallimard, Paris, 2017.

Gérard Grunberg

Philippe Raynaud

Professeur des universités en science politique à l’université de Paris-II, Panthéon-Assas, membre de l’Institut universitaire de France, Philippe Raynaud s’intéresse dans une grande part de ses travaux à l’articulation complexe entre le droit, la politique et la philosophie dans les sociétés modernes et dans la pensée libérale.

Auteur de La politesse des Lumières, les lois, les moeurs et les manièresParis, Gallimard, 2013. Prix La Bruyère de l’Académie française

L’entrée est libre et gratuite.

Merci de vous munir d’une carte d’identité pour accéder au bâtiment.