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Atelier – Les « nouveaux classiques » des sciences sociales: Isaiah Berlin, le pluralisme en débat

LES « NOUVEAUX CLASSIQUES » DES SCIENCES SOCIALES : ISAIAH BERLIN, LE PLURALISME EN DÉBAT

 

4e jeudi du mois de 13 h à 15 h (salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 27 novembre 2014 au 25 juin 2015. La séance du 27 novembre est avancée au 13 novembre (même heure, même salle). Séance supplémentaire le 15 décembre (de 13 h à 15 h, salle 2)

Isaiah Berlin, un « nouveau classique » des sciences sociales ?

Au vu de la connaissance souvent limitée que nous avons des grands auteurs de notre époque, il nous est apparu fécond d’enquêter sur ce que l’on pourrait nommer les « nouveaux classiques » des sciences sociales. Nous entendons par là des ouvrages ou des auteurs plus récents qui ont marqué à la fois leur propre discipline et dont les idées maîtresses ont obtenu un certain retentissement par-delà les frontières qui séparent les différents champs du savoir en sciences humaines et sociales.

C’est dans cette perspective que nous proposons d’étudier et de discuter l’œuvre du penseur politique, philosophe et historien des idées britannique, Isaiah Berlin. On identifie généralement son projet intellectuel au déploiement d’une conception de la « liberté négative », qu’il introduit pour la première fois dans son célèbre essai intitulé « Two Concepts of Liberty » (1958). On a d’ailleurs souvent tendance à réduire sa pensée à l’idée maintenant bien connue, mais à certains égards conceptuellement floue, de pluralisme des valeurs. Dans cette optique, il s’agira de chercher à aller au-delà de ces lieux communs afin de mettre en lumière la complexité et la diversité qui caractérisent l’œuvre du philosophe et historien britannique.

Ce séminaire est accessible sur la plateforme d’enseignement de l’Environnement numérique de travail de l’EHESS : 

Programme des séances et textes à l’étude
* Les textes à l’étude pour chaque séance sont marqués d’un astérisque. Les autres articles et ouvrages recommandés sont mentionnés à titre indicatif et peuvent servir à l’approfondissement des thèmes abordés à chaque séance.

I. La pensée de Isaiah Berlin par-delà les lieux communs (13 novembre 2014)

  • * BERLIN, Isaiah, « The Pursuit of the Ideal », dans The Crooked Timber of Humanity. Chapters in the History of Ideas, Princeton, Princeton University Press,  p. 1-19 ; « La recherche de l’idéal », dans Le bois tordu de l’humanité, p. 15-32.
  • BERLIN, Isaiah, « In conversation with Steven Lukes », p. 52-134.

II. Le pluralisme des valeurs, une conception relativiste? Berlin et la critique de Leo Strauss (15 décembre 2014)

  • *BERLIN, Isaiah, « Alleged Relativism in Eighteenth-Century European Thought », dans The Crooked Timber of Humanity, p. 70-90 ; « Sur un prétendu relativisme dans la pensée européenne du XVIIIesiècle », Le bois tordu de l’humanité, p. 80-99
  • *STRAUSS, Leo, « Relativisme », dans La renaissance du rationalisme politique classique, Paris, Gallimard, 2009; « Relativism » dans The Rebirth of Classical Political Rationalism, Chicago, University of Chicago Press, p. 13-26.

III. « Le renard et le hérisson » : quelle justice ? Une opposition entre monisme et pluralisme

  • * BERLIN, Isaiah, « The Hedgehog and the Fox », dans The Proper Study of Mankind, New York, FSG Books, 1998, p. 436-498.
  • * DWORKIN, Ronald, Justice for Hedgehogs, Cambridge, Harvard University Press, 2011 : « I. Baedeker », p. 1-19 et « 17. Liberty », p. 364-378

IV. Le statut de la théorie politique en philosophie et dans les sciences sociales: quelles perspectives?

  • *BERLIN, Isaiah, « La théorie politique existe-t-elle ? », Revue française de science politique, vol. 11, no. 2 (1961), p. 309-337 ; « Does Political Theory Still Exist? » dans The Proper Study of Mankind, p. 59-90.
  • BERLIN, Isaiah, « Political Ideas in the Twentieth Century », Foreign Affairs, vol. 28, no. 3 (Avril 1950), p. 351-385.
  • *ARON, Raymond, « À propos de la théorie politique », Revue française de science politique, vol. 12, no. 2 (1962), p. 5-26
  • STRAUSS, Leo, « What Can We Learn from Political Theory? », Review of Politics, no. 69 (2007), p. 515-529 (conférence – juin 1942)

V. Communauté politique et démocratie : une discussion critique de l’idéal pluraliste

  • * BERLIN, Isaiah, « Chapitre I. Le sens des réalités », dans Le Sens des réalités, Paris, Belles Lettres, 2011, p. 21-69;  « The Sense of Reality », dans The Sense of Reality. Studies in Ideas and their History, FSG Edition, 1998, p. 1-39.
  • * LECA, Jean, « Libéralisme, pluralisme et communautarisme : actualité d’Isaiah Berlin », dansCommentaire, no. 70, 1995, p.369-382; voir aussi La démocratie à l’épreuve des pluralismes.
  • CASTORIADIS, Cornelius, « La démocratie entre régime et procédure », dans La montée de l’Insignifiance (Carrefours du labyrinthe IV).

VI. Questions de méthodes. La redéfinition du travail de l’historien des idées

  • * BERLIN, Isaiah, « Le divorce entre les sciences et les lettres », dans À contre-courant. Essais sur l’histoire des idées, Paris, Albin Michel, 1988 ; « The Divorce Between the Sciences and the Humanities », Salmagundi, no. 27 (1974), p. 9-39, repris dans The Proper Study of Mankind, p. 326-358.
  • BERLIN, Isaiah, « The Concept of Scientific History », dans Concepts and Categories. Philosophical Essays, London, Pimlico, 1978, p. 103-142; repris dans The Proper Study of Mankind. An Anthology of Essays, p. 17-58.

VII. Liberté politique, libéralisme et républicanisme. Un débat avec Quentin Skinner

  • * BERLIN, Isaiah, « Deux conceptions de la liberté » dans Éloge de la liberté, Calmann-Lévy, 1988 ; « Two Concepts of Liberty », dans Liberty. Incorporating Four Essays on Liberty, Oxford, Oxford University Press, 2002 [1958], p. 166-217.
  • TAYLOR, Charles, « What’s Wrong with Negative Liberty », dans Philosophy and the Human Sciences. Philosophical Papers. Vol. II, Cambridge, Cambridge University Press, 1985, p. 211-229.
  • * SKINNER, Quentin, « Un troisième concept de liberté au-delà d’Isaiah Berlin et du libéralisme anglais », Actuel Marx 2/ 2002 (n° 32), p. 15-49; « A Third Concept of Liberty », Isaiah Berlin Lecture,Proceedings of the British Academy, 117 (2002), p. 237-268.

VIII. Le jugement politique entre théorie et pratique : la philosophie politique de Berlin

  • * BERLIN, Isaiah, « Chapitre II. Du jugement politique », dans Le Sens des réalités, Paris, Belles Lettres, 2011, p. 71-87; « Political Judgment », dans The Sense of Reality. Studies in Ideas and their History,FSG Edition, 1998, p. 40-53.
  • BERLIN, Isaiah, « Winston Churchill in 1940 » dans The Proper Study of Mankind, New York, FSG Books, 1998, p. 605-627.
Still Life with Books in a Niche – Barthélemy d’Eyck 1469

Méthode étude de textes

ATELIER DE MÉTHODE D’ÉTUDE DE TEXTES

EHESS-CESPRA – 2014-2015

 

Organisateurs : Benjamin Brice (benjamin.brice@gmail.com) et Marie-Hélène Wirth (wirth.mh@gmail.com)

 

Calendrier (provisoire) des séances

Chaque séance sera articulée autour d’une question précise de méthode avec un intervenant qui la traitera à partir d’un cas d’étude (que ce soit un auteur, un thème ou un corpus de texte). La démarche de ce séminaire est explicitée ci-dessous. Les séances seront animées par les organisateurs et un discutant.

Les séances ont généralement lieu le 2ème jeudi du mois de 13h à 15h.

27 novembre 2014 – Introduction sur les enjeux du séminaire
Benjamin Brice (EHESS, IEP de Lyon). « Comment étudier des textes ? Éléments de méthode en-deçà des traditions interprétatives ».
Salle 1 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

12 décembre 2014 – Analyse de discours [Attention séance exceptionnellement le vendredi].
Marie-Hélène Wirth (EHESS). « Une recherche liée à l’analyse du discours : les débats du Conseil constitutionnel – enjeux, pièges, méthode ».
Discutant : Clément Viktorovitch (Sciences Po Paris).
Salle 5 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

08 janvier 2015 – Contexte de réception des textes
Mathieu Hauchecorne (Paris 8). La réception française de John Rawls.
Discutant : Jean-Louis Fabiani (EHESS).
Salle 1 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

12 février 2015 – Conflits d’interprétation sur un auteur
Sophie Marcotte Chénard (EHESS). Strauss, Skinner et Lefort interprètes de Machiavel.
Discutant : Danilo Scholz (EHESS).
Salle 1 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

12 mars 2015 – Textes appartenant à une autre aire culturelle
Crystal Cordell Paris (EHESS, Sciences Po Menton). Étudier Aristote.
Discutant : Adrien Louis.
Salle 3 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

9 avril 2015 – Étude d’un concept à travers des textes
Benjamin Boudou (Sciences Po Paris). La notion d’hospitalité.
Discutants : Olivier Remaud (EHESS) et Stefan Willer (Humboldt-Universität).
Salle 3 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

07 mai 2015 – Actualité politique d’un auteur
Hugo Drochon (Cambridge University). L’actualité politique de Nietzsche à l’épreuve de l’École de Cambridge.
Salle 1 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

21 mai 2015 – Le travail sur les manuscrits
Christophe Litwin (Princeton University). Jean-Jacques Rousseau et les affaires de Corse.
Salle 8, 13h-15h.

11 juin 2015 – Enjeux de la traduction des textes
Romain Descendre (ENS Lyon, Triangle). De la raison d’État de Botero.
Salle 1 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

 

Argumentaire du séminaire

Depuis maintenant plus d’un siècle, les sciences humaines et sociales ont beaucoup progressé grâce au développement et au raffinement de leurs méthodes d’enquête. L’étudiant et le chercheur disposent donc aujourd’hui de nombreux ouvrages méthodologiques pour réfléchir à la manière d’élaborer un questionnaire, de préparer des entretiens semi-directifs, de réaliser des observations participantes, d’analyser des séries statistiques, de comparer différents objets d’étude, etc., mais aussi pour considérer comment traiter ces données en fonction d’une problématique scientifique spécifique. Certes, les protocoles de recherche ne sont pas figés, puisque certaines méthodes nouvelles sont parfois introduites, que d’autres se trouvent améliorées ou contestées, et que d’autres encore finissent par être abandonnées ; il demeure que l’enquêteur est guidé dès le départ et dispose de toute une gamme d’instruments qui s’adaptent à ses préoccupations théoriques. Cependant, on peine à trouver facilement de semblables instruments pour la démarche scientifique consistant à étudier des textes. Malgré l’ancienneté de cette pratique – à moins que ce ne soit à cause d’elle – les choses se passent trop souvent comme si l’étude de textes allait de soi et ne faisait pas l’objet de questionnements de méthode, ou comme si cette étude sortait du champ scientifique au prétexte qu’il existerait autant de lectures possibles que de lecteurs.

Cette lacune relative a généralement tendance à faire apparaître les champs disciplinaires reposant principalement sur la lecture de textes, tels que la philosophie politique, la théorie politique ou l’histoire des idées, comme moins rigoureux du point de vue de la méthode que ceux qui s’appuient plus volontiers sur la collecte de données ou la réalisation d’entretiens. Comme un travail de terrain tient sa scientificité de sa « falsifiabilité », on nie bien souvent à l’étude de texte toute capacité de remise en question puisque chaque lecteur pourrait indéfiniment défendre sa propre interprétation. Ainsi, les critères de scientificité des sciences humaines et sociales ne seraient pas opérants pour l’étude de textes. Or, il nous semble qu’une telle conclusion ne fait pas justice à cette démarche de recherche. Étudier sérieusement un texte demande des précautions particulières pour ne pas reposer sur des choix arbitraires ; éviter les contresens et les anachronismes, repérer les enjeux et déceler les problèmes, comprendre les controverses et analyser les intentions, mettre en contexte et faire dialoguer les auteurs, sont autant d’aptitudes qui réclament de la part de l’enquêteur un véritable savoir-faire.

Certes, des propositions méthodologiques concernant l’étude de textes existent effectivement dans le champ académique, mais il s’agit surtout de corps de doctrines structurées en différentes « écoles », qui s’opposent les unes aux autres en fonction de divers partis-pris ontologiques et épistémologiques (par exemple la célèbre « École » de Cambridge). Ainsi, le chercheur paraît souvent confronté à une alternative quelque peu déstabilisante : s’inscrire dans un courant particulier, qui dépendra fréquemment de la tradition de son pays, de l’orientation de son université, voire de la position de son directeur de thèse, et combattre les positions adverses, ou bien refuser d’appartenir à une quelconque « école » méthodologique, ce qui lui évitera généralement d’avoir à traiter des questions de méthode. Voilà qui semble limiter toute discussion générale sur les éléments méthodologiques qui pourraient servir directement les chercheurs, à moins de se borner à rappeler les multiples perspectives qui s’affrontent.

Les oppositions tranchées, autour desquelles se structurent les diverses approches en étude de textes, tendent à figer les différentes positions et à exacerber les polémiques : lecture interne contre lecture externe, contexte intellectuel et linguistique contre recherche des grandes questions, histoire sociale des idées contre histoire des idées, attention aux grands auteurs contre contestation du canon, etc. L’existence de telles dichotomies conduit couramment à alimenter les antagonismes théoriques, alors que les diverses pratiques de lecture se révèlent généralement beaucoup plus proches les unes des autres qu’on ne pourrait le penser. Ce sont donc à ces expériences pratiques, à ces premiers éléments de méthode, que ce séminaire de recherche souhaite donner la parole.

Ainsi, à travers des expériences singulières de recherche, il s’agira de se situer en-deçà des oppositions consacrées, afin de voir s’il est possible de formuler des préceptes pratiques pour le chercheur qui se confronte à des textes, en dehors de tout parti-pris de méthode. L’objectif de ce séminaire est donc, à partir de situations d’enquête différentes, de fournir une sorte de boîte à outils pour l’étude de textes, c’est-à-dire de préciser les principaux écueils de cet exercice, de recenser les garde-fous méthodologiques, de rappeler les questionnements inhérents à ce type de recherche et de spécifier les savoir-faire à acquérir pour tirer le meilleur parti du matériau utilisé. Ce séminaire entend donc faire droit aux multiples instruments des différentes méthodes sans a priori, et tenter de situer la pertinence de chacune d’entre elles selon les objectifs fixés par le projet de recherche qu’elles sous-tendent. Sans nier évidemment la pertinence de débats de méthode plus poussés, ce séminaire permettra, dans la mesure du possible, d’élaborer un socle de recommandations et de mises en garde qui puisse directement servir à tous ceux que leurs questions de recherche invitent à étudier des textes d’origines, d’époques et de types divers.

Les séances de ce séminaire viseront à présenter des problèmes pratiques propres à l’étude de textes, tels que la notion d’anachronisme, la prise en compte du contexte historique et social, la manière de traiter différents types de textes, l’usage contemporain de penseurs du passé, la question de la « charité » vis-à-vis de l’auteur, la marge de manœuvre interprétative, l’importance des aspects philologiques et éditoriaux, etc., et à les articuler à l’expérience de recherche d’un intervenant, afin de pouvoir observer, pour ainsi dire, une méthode en action.

 

Voir le séminaire intitulé « Isaiah Berlin, le pluralisme en débat ».

Voir l’enregistrement de la journée d’étude intitulée : « Théorie politique, philosophie politique et histoire des idées politiques : Quel dialogue au sein des SHS ? »

Cerlis

Atelier de doctorants du Cerlis. Les articulations contemporaines du social et du politique en Amérique Latine

Atelier de doctorants CERLIS 2014 – 2015

 

« LES ARTICULATIONS CONTEMPORAINES DU SOCIAL ET DU POLITIQUE EN

AMÉRIQUE LATINE »

 

Coordination et contact:
Paula Cubillos <paulacubillos@gmail.com>. Doctorante en Sociologie U. Paris Descartes. Laboratoire CERLIS
Natalia Slachevsky <nslachevsky@gmail.com>. Doctorante en Sociologie U. Paris Descartes.
Laboratoire CERLIS <etudesdusud.recherche@gmail.com>

 

Présentation

Les grands processus de Lire la suite

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Le premier « café politique » du LabEx TEPSIS sera consacré à la question du genre

Le Laboratoire d’Excellence TEPSIS (Transformation de l’Etat – Politisation des Sociétés – Institution du Social) dont le projet consiste à mettre le politique à l’épreuve des sciences historiques et sociales lance les « Cafés politiques » : des débats seront organisés avec le grand public autour d’un verre dans un café convivial à la Bastille. Le premier café politique sera consacré à la question du genre le 27 mai prochain. Le LabEx TEPSIS regroupe treize laboratoires et développe un vaste programme de recherche et de formation centré sur son projet.

http://tepsis.hypotheses.org

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