Archives du mot-clé Théorie politique

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CoSPoF 2015 – Programme de la ST29: « Quelle place pour l’histoire dans la philosophie politique normative? »

Cette année, le Congrès international des associations francophones de science politique (CoSPoF) aura lieu du 5 au 7 février 2015 à Lausanne. Dans le cadre du Congrès sera organisée une section thématique portant sur les rapports entre philosophie politique normative et histoire, dont vous trouverez le programme ci-dessous. Toutes les informations relatives à l’événement se trouvent sur le site Internet du CoSPoFContinue reading

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Atelier – Les « nouveaux classiques » des sciences sociales: Isaiah Berlin, le pluralisme en débat

LES « NOUVEAUX CLASSIQUES » DES SCIENCES SOCIALES : ISAIAH BERLIN, LE PLURALISME EN DÉBAT

 

4e jeudi du mois de 13 h à 15 h (salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 27 novembre 2014 au 25 juin 2015. La séance du 27 novembre est avancée au 13 novembre (même heure, même salle). Séance supplémentaire le 15 décembre (de 13 h à 15 h, salle 2)

Isaiah Berlin, un « nouveau classique » des sciences sociales ?

Au vu de la connaissance souvent limitée que nous avons des grands auteurs de notre époque, il nous est apparu fécond d’enquêter sur ce que l’on pourrait nommer les « nouveaux classiques » des sciences sociales. Nous entendons par là des ouvrages ou des auteurs plus récents qui ont marqué à la fois leur propre discipline et dont les idées maîtresses ont obtenu un certain retentissement par-delà les frontières qui séparent les différents champs du savoir en sciences humaines et sociales.

C’est dans cette perspective que nous proposons d’étudier et de discuter l’œuvre du penseur politique, philosophe et historien des idées britannique, Isaiah Berlin. On identifie généralement son projet intellectuel au déploiement d’une conception de la « liberté négative », qu’il introduit pour la première fois dans son célèbre essai intitulé « Two Concepts of Liberty » (1958). On a d’ailleurs souvent tendance à réduire sa pensée à l’idée maintenant bien connue, mais à certains égards conceptuellement floue, de pluralisme des valeurs. Dans cette optique, il s’agira de chercher à aller au-delà de ces lieux communs afin de mettre en lumière la complexité et la diversité qui caractérisent l’œuvre du philosophe et historien britannique.

Ce séminaire est accessible sur la plateforme d’enseignement de l’Environnement numérique de travail de l’EHESS : 

Programme des séances et textes à l’étude
* Les textes à l’étude pour chaque séance sont marqués d’un astérisque. Les autres articles et ouvrages recommandés sont mentionnés à titre indicatif et peuvent servir à l’approfondissement des thèmes abordés à chaque séance.

I. La pensée de Isaiah Berlin par-delà les lieux communs (13 novembre 2014)

  • * BERLIN, Isaiah, « The Pursuit of the Ideal », dans The Crooked Timber of Humanity. Chapters in the History of Ideas, Princeton, Princeton University Press,  p. 1-19 ; « La recherche de l’idéal », dans Le bois tordu de l’humanité, p. 15-32.
  • BERLIN, Isaiah, « In conversation with Steven Lukes », p. 52-134.

II. Le pluralisme des valeurs, une conception relativiste? Berlin et la critique de Leo Strauss (15 décembre 2014)

  • *BERLIN, Isaiah, « Alleged Relativism in Eighteenth-Century European Thought », dans The Crooked Timber of Humanity, p. 70-90 ; « Sur un prétendu relativisme dans la pensée européenne du XVIIIesiècle », Le bois tordu de l’humanité, p. 80-99
  • *STRAUSS, Leo, « Relativisme », dans La renaissance du rationalisme politique classique, Paris, Gallimard, 2009; « Relativism » dans The Rebirth of Classical Political Rationalism, Chicago, University of Chicago Press, p. 13-26.

III. « Le renard et le hérisson » : quelle justice ? Une opposition entre monisme et pluralisme

  • * BERLIN, Isaiah, « The Hedgehog and the Fox », dans The Proper Study of Mankind, New York, FSG Books, 1998, p. 436-498.
  • * DWORKIN, Ronald, Justice for Hedgehogs, Cambridge, Harvard University Press, 2011 : « I. Baedeker », p. 1-19 et « 17. Liberty », p. 364-378

IV. Le statut de la théorie politique en philosophie et dans les sciences sociales: quelles perspectives?

  • *BERLIN, Isaiah, « La théorie politique existe-t-elle ? », Revue française de science politique, vol. 11, no. 2 (1961), p. 309-337 ; « Does Political Theory Still Exist? » dans The Proper Study of Mankind, p. 59-90.
  • BERLIN, Isaiah, « Political Ideas in the Twentieth Century », Foreign Affairs, vol. 28, no. 3 (Avril 1950), p. 351-385.
  • *ARON, Raymond, « À propos de la théorie politique », Revue française de science politique, vol. 12, no. 2 (1962), p. 5-26
  • STRAUSS, Leo, « What Can We Learn from Political Theory? », Review of Politics, no. 69 (2007), p. 515-529 (conférence – juin 1942)

V. Communauté politique et démocratie : une discussion critique de l’idéal pluraliste

  • * BERLIN, Isaiah, « Chapitre I. Le sens des réalités », dans Le Sens des réalités, Paris, Belles Lettres, 2011, p. 21-69;  « The Sense of Reality », dans The Sense of Reality. Studies in Ideas and their History, FSG Edition, 1998, p. 1-39.
  • * LECA, Jean, « Libéralisme, pluralisme et communautarisme : actualité d’Isaiah Berlin », dansCommentaire, no. 70, 1995, p.369-382; voir aussi La démocratie à l’épreuve des pluralismes.
  • CASTORIADIS, Cornelius, « La démocratie entre régime et procédure », dans La montée de l’Insignifiance (Carrefours du labyrinthe IV).

VI. Questions de méthodes. La redéfinition du travail de l’historien des idées

  • * BERLIN, Isaiah, « Le divorce entre les sciences et les lettres », dans À contre-courant. Essais sur l’histoire des idées, Paris, Albin Michel, 1988 ; « The Divorce Between the Sciences and the Humanities », Salmagundi, no. 27 (1974), p. 9-39, repris dans The Proper Study of Mankind, p. 326-358.
  • BERLIN, Isaiah, « The Concept of Scientific History », dans Concepts and Categories. Philosophical Essays, London, Pimlico, 1978, p. 103-142; repris dans The Proper Study of Mankind. An Anthology of Essays, p. 17-58.

VII. Liberté politique, libéralisme et républicanisme. Un débat avec Quentin Skinner

  • * BERLIN, Isaiah, « Deux conceptions de la liberté » dans Éloge de la liberté, Calmann-Lévy, 1988 ; « Two Concepts of Liberty », dans Liberty. Incorporating Four Essays on Liberty, Oxford, Oxford University Press, 2002 [1958], p. 166-217.
  • TAYLOR, Charles, « What’s Wrong with Negative Liberty », dans Philosophy and the Human Sciences. Philosophical Papers. Vol. II, Cambridge, Cambridge University Press, 1985, p. 211-229.
  • * SKINNER, Quentin, « Un troisième concept de liberté au-delà d’Isaiah Berlin et du libéralisme anglais », Actuel Marx 2/ 2002 (n° 32), p. 15-49; « A Third Concept of Liberty », Isaiah Berlin Lecture,Proceedings of the British Academy, 117 (2002), p. 237-268.

VIII. Le jugement politique entre théorie et pratique : la philosophie politique de Berlin

  • * BERLIN, Isaiah, « Chapitre II. Du jugement politique », dans Le Sens des réalités, Paris, Belles Lettres, 2011, p. 71-87; « Political Judgment », dans The Sense of Reality. Studies in Ideas and their History,FSG Edition, 1998, p. 40-53.
  • BERLIN, Isaiah, « Winston Churchill in 1940 » dans The Proper Study of Mankind, New York, FSG Books, 1998, p. 605-627.
ecpr

Appel à contributions – Political Theory Section, ECPR General Conference

Le « Political Theory Standing Group » lance un appel à contributions dans le cadre du European Consortium for Political Research (ECPR) General Conference, qui aura lieu à Montréal en août 2015. Il est possible de soumettre une proposition pour une présentation individuelle ou pour un panel.

La date limite de soumission des propositions est le 16 février 2015. 

 

Toutes les informations se trouvent sur le site du ECPR à l’adresse suivante: http://ecpr.eu/Events/SectionDetails.aspx?SectionID=421&EventID=94

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The Political Theory Standing Group solicits panel and paper proposals for the 2015 ECPR General Conference, to be held in Montreal, Canada (Aug 26-29).

There will be a general political theory section within the conference, containing 8 panels of 4-5 papers each. The convenors welcome proposals from all subfields of political theory, including work on normative, conceptual, applied, methodological and historical topics, construed broadly.

You may submit either an individual paper or a complete panel proposal (containing 4-5 abstracts). The deadline for both types of submission is February 16, 2015. Further details about how to submit proposals is available here: http://ecpr.eu/Events/Content.aspx?ID=76&EventID=94

So far, Standing Group members have proposed to convene panels on the following topics. If you are interested in proposing a paper to any of these, then you should contact the panel chair in the first instance:

  • Laclau, the Political, Populism and Radical Democracy (Allan Dreyer Hansen, Roskilde University,adh@ruc.dk)
  • Justice and Immigration Policy: New Developments (Caleb Yong, McGill University and Georgiana Turculet, Central European University, caleb.yong@mail.mcgill.ca)
  • Political Theory and Public Health (Jurgen De Wispelaere, jurgen.dewispelaere@gmail.com)
  • Compromise: Democratic Ideals and Political Realities (Anders Berg-Sørensen, University of Copenhagen, abs@ifs.ku.dk)
  • Political Theory and Religious Diversity (Andrew Shorten, University of Limerick, andrew.shorten@ul.ie)

Additional paper and panel proposals on any topic in political theory are also welcome. If you have any questions, then please contact andrew.shorten@ul.ie

All paper and panel proposals should be submitted through the ECPR website, and further details are available here: http://ecpr.eu/Events/EventDetails.aspx?EventID=94

LSE.Nationalism

Appel à contributions: « Nationalism: Diversity and Security »

L’ASEN (Association for the Study of Ethnicity and Nationalism) lance un appel à propositions à l’occasion de son 25ème colloque annuel: « Nationalism: Diversity and Security » qui aura lieu du 21 au 23 avril 2015 au LSE (London School of Economics and Political Science).

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CEHUM.minho

Appel à contributions: VI Meetings on Ethics and Political Philosophy

Le « Political Theory Group » du CEHUM de l’Université de Minho (Braga, Portugal) lance un appel à contributions en vue de son sixième Meetings on Ethics and Political Philosophy. Toutes les communications relevant des disciplines de la théorie politique et de l’éthique sont les bienvenues. Cette année, un panel spécial est dédié aux défis du cosmopolitisme.

 

Vous pouvez accéder aux informations détaillées concernant les modalités de soumission de la proposition en cliquant ici

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Call for Papers 

After five successful meetings on previous years, we now welcome paper proposals for the sixth Meetings on Ethics and Political Philosophywhich will be held at University of Minho, Braga (Portugal), on June 8-9, 2015.
We invite contributions in both moral philosophy and normative political theory. The Meetings provide an excellent opportunity to present both advanced and exploratory work in front of an open and welcoming audience. The call is open to graduate students, junior researchers and senior scholars.

This year, we will have two keynote speakers:

 

Prof. Samuel Scheffler (NYU) will offer a lecture entitled “Why Worry about Future Generations?”

and

 

Prof. Simon Caney (Oxford) will offer a lecture on Global Injustice and the Rights of Necessity and Resistance.”

 

Abstracts:

We will have a special section on Cosmopolitan Challenges with some prospects of publishing a selection of papers as a special issue in an academic journal in the field. If you are interested in presenting a paper in this section, please write “cosmopolitanism” before the title.
If you are interested in presenting a paper on a topic of your choice for other panels, please write “general” before the title.

 

For all abstracts:  send your contact and affiliation, an abstract (300 to 500 words) and 5 key words, by January 31st to João Cardoso Rosas (rosas(at)ilch.uminho.pt) and David Alvarez (alvarez (at) ilch.uminho.pt). Abstracts will be submitted to peer-review.
Deadline for submissions: 31st January 2015.

Deadline for notification of acceptance: 28th February 2015.

Information about registration, accommodation and travelling is available on the web site:http://meetingsethicspoliticalphil.weebly.com/

Still Life with Books in a Niche – Barthélemy d’Eyck 1469

Méthode étude de textes

ATELIER DE MÉTHODE D’ÉTUDE DE TEXTES

EHESS-CESPRA – 2014-2015

 

Organisateurs : Benjamin Brice (benjamin.brice@gmail.com) et Marie-Hélène Wirth (wirth.mh@gmail.com)

 

Calendrier (provisoire) des séances

Chaque séance sera articulée autour d’une question précise de méthode avec un intervenant qui la traitera à partir d’un cas d’étude (que ce soit un auteur, un thème ou un corpus de texte). La démarche de ce séminaire est explicitée ci-dessous. Les séances seront animées par les organisateurs et un discutant.

Les séances ont généralement lieu le 2ème jeudi du mois de 13h à 15h.

27 novembre 2014 – Introduction sur les enjeux du séminaire
Benjamin Brice (EHESS, IEP de Lyon). « Comment étudier des textes ? Éléments de méthode en-deçà des traditions interprétatives ».
Salle 1 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

12 décembre 2014 – Analyse de discours [Attention séance exceptionnellement le vendredi].
Marie-Hélène Wirth (EHESS). « Une recherche liée à l’analyse du discours : les débats du Conseil constitutionnel – enjeux, pièges, méthode ».
Discutant : Clément Viktorovitch (Sciences Po Paris).
Salle 5 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

08 janvier 2015 – Contexte de réception des textes
Mathieu Hauchecorne (Paris 8). La réception française de John Rawls.
Discutant : Jean-Louis Fabiani (EHESS).
Salle 1 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

12 février 2015 – Conflits d’interprétation sur un auteur
Sophie Marcotte Chénard (EHESS). Strauss, Skinner et Lefort interprètes de Machiavel.
Discutant : Danilo Scholz (EHESS).
Salle 1 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

12 mars 2015 – Textes appartenant à une autre aire culturelle
Crystal Cordell Paris (EHESS, Sciences Po Menton). Étudier Aristote.
Discutant : Adrien Louis.
Salle 3 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

9 avril 2015 – Étude d’un concept à travers des textes
Benjamin Boudou (Sciences Po Paris). La notion d’hospitalité.
Discutants : Olivier Remaud (EHESS) et Stefan Willer (Humboldt-Universität).
Salle 3 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

07 mai 2015 – Actualité politique d’un auteur
Hugo Drochon (Cambridge University). L’actualité politique de Nietzsche à l’épreuve de l’École de Cambridge.
Salle 1 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

21 mai 2015 – Le travail sur les manuscrits
Christophe Litwin (Princeton University). Jean-Jacques Rousseau et les affaires de Corse.
Salle 8, 13h-15h.

11 juin 2015 – Enjeux de la traduction des textes
Romain Descendre (ENS Lyon, Triangle). De la raison d’État de Botero.
Salle 1 (105 bd Raspail 75006 Paris), 13h-15h.

 

Argumentaire du séminaire

Depuis maintenant plus d’un siècle, les sciences humaines et sociales ont beaucoup progressé grâce au développement et au raffinement de leurs méthodes d’enquête. L’étudiant et le chercheur disposent donc aujourd’hui de nombreux ouvrages méthodologiques pour réfléchir à la manière d’élaborer un questionnaire, de préparer des entretiens semi-directifs, de réaliser des observations participantes, d’analyser des séries statistiques, de comparer différents objets d’étude, etc., mais aussi pour considérer comment traiter ces données en fonction d’une problématique scientifique spécifique. Certes, les protocoles de recherche ne sont pas figés, puisque certaines méthodes nouvelles sont parfois introduites, que d’autres se trouvent améliorées ou contestées, et que d’autres encore finissent par être abandonnées ; il demeure que l’enquêteur est guidé dès le départ et dispose de toute une gamme d’instruments qui s’adaptent à ses préoccupations théoriques. Cependant, on peine à trouver facilement de semblables instruments pour la démarche scientifique consistant à étudier des textes. Malgré l’ancienneté de cette pratique – à moins que ce ne soit à cause d’elle – les choses se passent trop souvent comme si l’étude de textes allait de soi et ne faisait pas l’objet de questionnements de méthode, ou comme si cette étude sortait du champ scientifique au prétexte qu’il existerait autant de lectures possibles que de lecteurs.

Cette lacune relative a généralement tendance à faire apparaître les champs disciplinaires reposant principalement sur la lecture de textes, tels que la philosophie politique, la théorie politique ou l’histoire des idées, comme moins rigoureux du point de vue de la méthode que ceux qui s’appuient plus volontiers sur la collecte de données ou la réalisation d’entretiens. Comme un travail de terrain tient sa scientificité de sa « falsifiabilité », on nie bien souvent à l’étude de texte toute capacité de remise en question puisque chaque lecteur pourrait indéfiniment défendre sa propre interprétation. Ainsi, les critères de scientificité des sciences humaines et sociales ne seraient pas opérants pour l’étude de textes. Or, il nous semble qu’une telle conclusion ne fait pas justice à cette démarche de recherche. Étudier sérieusement un texte demande des précautions particulières pour ne pas reposer sur des choix arbitraires ; éviter les contresens et les anachronismes, repérer les enjeux et déceler les problèmes, comprendre les controverses et analyser les intentions, mettre en contexte et faire dialoguer les auteurs, sont autant d’aptitudes qui réclament de la part de l’enquêteur un véritable savoir-faire.

Certes, des propositions méthodologiques concernant l’étude de textes existent effectivement dans le champ académique, mais il s’agit surtout de corps de doctrines structurées en différentes « écoles », qui s’opposent les unes aux autres en fonction de divers partis-pris ontologiques et épistémologiques (par exemple la célèbre « École » de Cambridge). Ainsi, le chercheur paraît souvent confronté à une alternative quelque peu déstabilisante : s’inscrire dans un courant particulier, qui dépendra fréquemment de la tradition de son pays, de l’orientation de son université, voire de la position de son directeur de thèse, et combattre les positions adverses, ou bien refuser d’appartenir à une quelconque « école » méthodologique, ce qui lui évitera généralement d’avoir à traiter des questions de méthode. Voilà qui semble limiter toute discussion générale sur les éléments méthodologiques qui pourraient servir directement les chercheurs, à moins de se borner à rappeler les multiples perspectives qui s’affrontent.

Les oppositions tranchées, autour desquelles se structurent les diverses approches en étude de textes, tendent à figer les différentes positions et à exacerber les polémiques : lecture interne contre lecture externe, contexte intellectuel et linguistique contre recherche des grandes questions, histoire sociale des idées contre histoire des idées, attention aux grands auteurs contre contestation du canon, etc. L’existence de telles dichotomies conduit couramment à alimenter les antagonismes théoriques, alors que les diverses pratiques de lecture se révèlent généralement beaucoup plus proches les unes des autres qu’on ne pourrait le penser. Ce sont donc à ces expériences pratiques, à ces premiers éléments de méthode, que ce séminaire de recherche souhaite donner la parole.

Ainsi, à travers des expériences singulières de recherche, il s’agira de se situer en-deçà des oppositions consacrées, afin de voir s’il est possible de formuler des préceptes pratiques pour le chercheur qui se confronte à des textes, en dehors de tout parti-pris de méthode. L’objectif de ce séminaire est donc, à partir de situations d’enquête différentes, de fournir une sorte de boîte à outils pour l’étude de textes, c’est-à-dire de préciser les principaux écueils de cet exercice, de recenser les garde-fous méthodologiques, de rappeler les questionnements inhérents à ce type de recherche et de spécifier les savoir-faire à acquérir pour tirer le meilleur parti du matériau utilisé. Ce séminaire entend donc faire droit aux multiples instruments des différentes méthodes sans a priori, et tenter de situer la pertinence de chacune d’entre elles selon les objectifs fixés par le projet de recherche qu’elles sous-tendent. Sans nier évidemment la pertinence de débats de méthode plus poussés, ce séminaire permettra, dans la mesure du possible, d’élaborer un socle de recommandations et de mises en garde qui puisse directement servir à tous ceux que leurs questions de recherche invitent à étudier des textes d’origines, d’époques et de types divers.

Les séances de ce séminaire viseront à présenter des problèmes pratiques propres à l’étude de textes, tels que la notion d’anachronisme, la prise en compte du contexte historique et social, la manière de traiter différents types de textes, l’usage contemporain de penseurs du passé, la question de la « charité » vis-à-vis de l’auteur, la marge de manœuvre interprétative, l’importance des aspects philologiques et éditoriaux, etc., et à les articuler à l’expérience de recherche d’un intervenant, afin de pouvoir observer, pour ainsi dire, une méthode en action.

 

Voir le séminaire intitulé « Isaiah Berlin, le pluralisme en débat ».

Voir l’enregistrement de la journée d’étude intitulée : « Théorie politique, philosophie politique et histoire des idées politiques : Quel dialogue au sein des SHS ? »

Colloque.Habermas

Colloque international – Les perspectives de la démocratie face aux transformations du capitalisme. Un dialogue avec Jürgen Habermas – Du 29 au 31 octobre 2014

Organisation : Jean-François Kervégan et Isabelle Aubert (Univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Le Collège d’études mondiales soutient cette initiative.

Colloque organisé dans le cadre du Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne (composante ‘Normes, Sociétés, Philosophies’) et soutenu par le Centre de philosophie contemporaine de la Sorbonne, l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, l’Institut Universitaire de France, la Maison Heinrich Heine, le DAAD, l’Institut Goethe de Paris, l’Université franco-allemande (programme « Ecole de Francfort : Fondements et perspectives »), la Fondation Maison des sciences de l’homme, le programme ANR / DFG ‘CActuS’, le Collège d’études mondiales de la FMSH et l’Ambassade de la RFA.

Pour accéder à la version PDF du programme, cliquer ici

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Appel à propositions: Sciences Po Graduate Political Theory Conference

Sciences Po lance un appel à contributions à l’occasion de la troisièmeédition de la « Graduate Political Theory Conference » qui aura lieu les 11 et 12 juin 2015.

Les organisateurs encouragent la soumission de propositions s’inscrivant dans diverses approches en théorie politique (analytique, historique, normative, critique). Seuls les étudiants n’ayant pas encore soutenu leur thèse de doctorat sont éligibles.

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Appel à contributions: LSE Political Theory Graduate Conference

LSE Political Theory Graduate Conference

Le LSE Department of Governement organise sa toute première Political Theory Graduate Conference qui aura lieu en mars 2015. La visée de cette journée d’études est d’offrir l’opportunité à des étudiants des cycles supérieurs (Master et doctorat) de présenter et discuter leurs recherches.

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CoSPOF 2015 – Appel à propositions: « Quelle place pour l’histoire dans la philosophie politique normative? »

COSPOF 2015

Lausanne, du 5 au 7 février 2015 

Appel à propositions

Quelle place pour l’histoire dans la philosophie politique normative?

 

Organisateurs: Sophie Marcotte-Chénard (Doctorante, CESPRA, EHESS) et Étienne Brown (Doctorant, Paris-IV-Sorbonne)

Voici le texte de l’appel à propositions pour la section thématique no. 29 du Congrès des associations francophones de Science politique qui aura lieu à Lausanne en février 2015.

 

Les propositions doivent être déposées directement sur le site Web du congrès en cliquant ICI. La date limite d’envoi des propositions est le 30 septembre.

 

Quels usages la philosophie politique normative peut-elle faire de l’histoire des idées ? Cette section thématique organisée dans le cadre du 6° Congrès international des associations francophones de science politique se propose de réfléchir aux débats contemporains sur les possibilités et les limites du recours à l’histoire en philosophie politique normative. Un survol des débats en philosophie politique contemporaine laisse à première vue entrevoir une tension, voire une opposition, entre deux types d’approches. D’un côté, on retrouve des philosophes qui se revendiquent de la « théorie normative » et qui se donnent pour objectif de définir des normes et des principes de justice ici et maintenant (Rawls, Nozick, Pettit, Sandel, Van Parijs). De l’autre peuvent être rassemblées des approches dites « historiques » regroupant des théoriciens qui élaborent leur réflexion en nouant un rapport au passé et en resituant les idées politiques dans leur contexte historique (Skinner, Pocock, Koselleck, White, Oakeshott).

Cela dit, on peut à juste titre interroger cette distinction. Ne pourrait-on pas affirmer que la réflexion sur le passé possède elle aussi une portée normative et une pertinence pour le présent ? De la même façon, la philosophie politique normative n’a-t-elle pas à certains égards recours à l’histoire pour donner un poids à ses idées ? En guise d’exemple, on peut évoquer la manière dont Skinner fait appel à la pensée de Machiavel afin de défendre l’actualité d’une conception républicaine de la liberté et de l’engagement citoyen (Skinner, 1984, 1993). À l’inverse, l’entreprise normative de Rawls s’appuie largement sur une interprétation de l’œuvre de Kant (Rawls, 1971, 1980) et plusieurs des critiques qu’elle a suscitées s’appuient elles-mêmes sur des thèses aristotéliciennes et hégéliennes (Sandel, 1982 ; MacIntyre, 1981) Ces ambiguïtés dans le rapport entre l’histoire et la philosophie politique contemporaine appellent un examen plus approfondi à la fois de l’intention normative qui teinte l’interprétation des événements et la lecture des auteurs du passé et des fondements historiques de l’enquête normative.

On peut indiquer au passage certains des arguments avancés pour défendre l’une ou l’autre de ces perspectives. D’un point de vue méthodologique, la connaissance historique peut être mobilisée par le philosophe comme outil réflexif permettant de jeter un regard critique à l’égard de ses propres présupposés (Aron, 1961; Berlin, 1979, 1990). On peut également supposer que l’enquête historique jette un éclairage sur les possibilités historiques oubliées, à la lumière desquelles les décisions présentes peuvent être examinées (Skinner, 2002, Koselleck, 2004). Enfin, les philosophes, théoriciens politiques et historiens peuvent inscrire leur réflexion dans l’horizon d’une tradition philosophique ou politique afin de démontrer l’universalité ou la permanence des thèmes fondamentaux de leur pensée (MacIntyre, 1981, 1988 ; Gadamer, 1960, Strauss, 1964).

Selon certains, l’emploi de l’histoire dans la réflexion normative revient pourtant à commettre un « sophisme génétique » (genetic fallacy), c’est-à-dire à confondre l’origine historique d’une idée et sa valeur proprement dite. De fait, la description de la genèse d’une idée n’équivaudrait jamais à son évaluation en bonne et due forme. En outre, on peut reprocher aux auteurs qui emploient la méthode historique de dissimuler les faiblesses de leur argumentation en recourant à l’autorité dupassé. En dernier lieu, certains sont d’avis que le recours à la tradition dissimule un certain conservatisme qui attribue une valeur plus importante aux idées du passé qu’à celles du présent.

Ces débats, qui depuis plusieurs années occupent les devants de la scène en théorie politique dans les contextes académiques anglo-saxon, allemand et, dans une certaine mesure, français, n’ont pas été l’objet d’un traitement exhaustif. La visée de cette section thématique est de remédier à cette situation en instituant un dialogue interdisciplinaire où la question du rapport entre intention normative et intention historique de la philosophie politique peut être examinée à nouveaux frais. Il s’agira donc de chercher à renouveler les termes du débat en explorant le champ des présupposés de laphilosophiepolitiquenormativepar-delàlesoppositionstraditionnellesentre analytique/continental, textualisme/contextualisme, philosophie normative/histoire de la philosophie. Les sujets d’interventions proposés incluent les thèmes suivants, sans toutefois se limiter à ces derniers :

Le recours à l’histoire par les théoriciens contemporains de la justice

La portée normative des travaux d’histoire de la philosophie

Les critiques de la perspective historique en philosophie politique

L’analyse comparée de la place de l’histoire dans les philosophies politiques de tradition

continentale et analytique

Les discours contemporains sur la nécessité de l’histoire en philosophie

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JE AMEP / CESPRA – 17 juin 2014 – Théorie politique et SHS

L’AMEP organise son premier événement scientifique le mardi 17 juin 2014.

Il s’agit d’une journée d’études interdisciplinaire organisée conjointement par le CESPRA-EHESS (Centre d’études sociologiques et politiques Raymond Aron) et l’association AMEP (Amis de la mention Études politiques) qui se tiendra le mardi 17 juin 2014 à l’EHESS (96 bd Raspail, 75006 Paris) et qui sera ouverte à tous (dans la limite des places disponibles).

Cette journée est intitulée : « Théorie politique, philosophie politique et histoire des idées politiques : Quel dialogue au sein des SHS ? » Lire la suite

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Une nouvelle chronique bibliographique dédiée à la théorie politique dans la RFSP

En 1961, la Revue Française de Science Politique (RFSP) consacrait l’un de ses numéros à la théorie politique : il s’agissait alors de comprendre, à travers ses représentants du moment, la prétention scientifique de celle-ci, ses méthodes, ses présupposés, sa finalité, son apport à une réflexion plus générale sur le politique, à partir de points de vue disciplinaires divers. Lire la suite