Des mots pour dire l’expérience humaine

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Des mots pour dire l’expérience humaine

Violaine Ricard

 

Il semble inutile de dire combien Pierre Manent a compté dans ma vie intellectuelle. Je tremble d’ailleurs de m’exprimer à la suite de ses amis, de ses élèves qui le connaissent depuis tant d’années, qui ont vécu de près les circonstances de son enseignement et de ses recherches. J’ai néanmoins le privilège d’être une des dernières élèves de Pierre Manent – dernière à tous points de vue. J’ai donc rencontré le professeur et lu le savant dans les dispositions d’une étudiante qui arrive « après » : après l’effervescence intellectuelle et politique qui a suivi le naufrage des grands systèmes totalitaires, après que les transformations sociales et éducatives des années 1970 s’appliquentdans les institutions dans lesquelles j’ai étudié et travaillé. Je suis, dit-on, de la génération Y.

 

Avec internet, nous assistons à l’inflation de l’expression individuelle et collective, tous azimuts et sous des formes sans cesse renouvelées. Cette inflation signifie quelque chose de plus profond, de plus préoccupant qu’un simple babillage ; Pierre Manent a précisément analysé au cours de sa carrière la perte de confiance généralisée dans la raison humaine. En philosophie, cette révolution étiquetée « postmodernité » donne lieu à de savants traités – en revanche Pierre Manent se déclare lui-même « peu désireux d’être désigné ou reconnu comme philosophe. » [1] Ce n’est pas ce pan là de la « défaite de la pensée » qui a constitué le cœur de son enquête – du moins ce n’était pas là le nerf de son projet qui consista d’avantage à réhabiliter l’intelligibilité de la vie pratique. La raison pratique, autrement dit, la possibilité pour les hommes de conduire leur vie avec raison dans une vie politique libre, paraît aujourd’hui en effet définitivement reléguée au rang des curiosités antiques dont la naïveté intrigue l’ethnologue.

Peut-on encore développer une pensée politique dans ces conditions intellectuelles ? Question rhétorique puisque c’est justement une pensée politique renouvelée dans la quête d’une science politique authentique qui caractérise, sans doute aucun, l’œuvre de Pierre Manent. Il ne me revient pas d’en célébrer la portée, les innombrables mérites, l’héritage pour les générations. J’ose en revanche proposer une interprétation de ce que ma génération doit à l’examen manentien de la métamorphose de la parole politique. Aujourd’hui que les politiciens « twittent » et que « les acteurs politiques parlent toutes les paroles »[2], la pensée de Pierre Manent sur le lien délicat de la parole avec l’action est des plus éclairantes. Loin des préoccupations propres à la philosophie analytique, il est sans doute le premier penseur à proposer une analyse complète et historique de ce lien, fond de la vie pleinement humaine, ressort de la vie politique.

 

Des modernes aux antiques: la raison pratique

 

Il est évident que Pierre Manent n’entre pas aisément dans la partition actuelle du savoir. Il explique d’ailleurs que sa vie intellectuelle a été « aimantée par un champ plutôt que guidée par une discipline »[3]. Sa liberté vis-à-vis de l’institutionnalisation du savoir va de pair avec sa distance avec « le tissu conjonctif d’abstractions » inhérent, d’après lui, aux grandes œuvres modernes. L’intelligibilité propre à l’agir humain est recouvrée précisément au moment où sont laissés derrière soi et la systématisation abstraite de la vie humaine et le scepticisme empiriste. Il n’est donc pas fructueux de s’escrimer à théoriser une méthode dans la pensée de Pierre Manent. L’idée même de méthode dans les sciences pratiques est justement pour lui trop entachée d’une négation de la vie pratique dans ce qu’elle a d’épaisseur et de mystère. Le discours sur l’action, la parole de l’action, suit chez Pierre Manent un cours non pas démonstratif mais appréhensif, d’autant que le « rang philosophique des auteurs politiques les plus intéressants est incertain ».[4]

L’exposé des naissances de la politique moderne synthétise ce que l’historicisme contemporain doit à Machiavel, Hobbes, Rousseau – dont le statut est justement mal assuré dans le champ des savoirs. Contre l’idée que la postmodernité serait fautive dans l’éviction de toute vérité en politique, étant simplement sceptique ou relativiste, Pierre Manent a manifesté dans les pas de Léo Strauss ce qui était déjà en germe des siècles plus tôt. Son analyse de l’appel au « jugement de l’histoire, qui est un jugement sans juge, que ce soit homme ou Dieu » sur les choses humaines, a permis de comprendre dans son intime la négation moderne de la distinction entre l’appréhension rationnelle du monde et « l’action prisonnière des limites de la condition humaine ». [5] A l’autre bout, son analyse de la politique antique a mis en relief la négation moderne de la distance essentielle entre philosophie spéculative et agir humain – distance qui se manifeste par des modes de procédés propres à l’un et l’autre des objets sur lesquels l’homme exerce son jugement. Dans le paradigme actuel, l’analyse de Pierre Manent a révolutionné la compréhension de l’action par les modernes que nous sommes – tout en renouant avec l’histoire politique dans ce qu’elle a d’inévident, d’essentiellement problématique. En attribuant à la raison la possibilité de juger des choses humaines, il a témoigné une confiance presqueanachronique dans la capacité humaine à conduire son action avec raison – sans en appeler à la nécessité ni ignorer les dangers d’une systématisation de l’agir

Pierre Manent s’est donc penché sur ce que les hommes disent qu’ils font – et cette parole se trouve par excellence dans l’effort antique de dire la liberté politique dans la Cité, audible par des œuvres « qui ne sont que muscle, sang et nerf, et qui de plus, ont une peau douce et luisante ».[6] Loin de rejeter la modernité politique, il a au contraire permis de lire la continuité et les métamorphoses, aux antipodes des ruptures que l’on fait voir habituellement dans l’histoire des idées. Prendre au sérieux une telle parole suppose enfin de se désengager d’un structuralisme radical, qui ôte à l’homme la responsabilité de ses actes. Les conduites humaines ne sont jamais dépourvues de sens, d’une part, et ce sens ne peut se trouver absolument hors de ce que les agents disent de leurs actions. Pierre Manent rappela ces principes au gré des séminaires, réhabilitant toujours la responsabilité humaine, et donc la dignité de l’homme agissant. Nous sommes des animaux, nous ne sommes pas des bêtes – ni les jouets de l’histoire et de la culture : tel est un des messages centraux que le penseur a délivré dans son analyse critique des auteurs du passé.

 

Un enseignement finalisé

 

En ce sens, le commentaire qu’il fait des ouvrages de Hannah Arendt est révélateur. Pierre Manent reconnaît le rôle prédominant qu’a eu la phénoménologue dans sa propre vie intellectuelle.[7] Il conseille son œuvre comme une lecture enthousiasmante du fait de la confiance qu’elle porte aux possibilités de la pensée. Admirant le traitement des préoccupations modernes dans la lecture incessante des anciens, une attitude que préconise par ailleurs Machiavel, Pierre Manent déplore en revanche la considération arendtienne de l’action, emphatique et esthétique, manifestation de l’individualité – hors d’une science pratique véritable. Pour recouvrer une véritable intelligence de l’action, Pierre Manent prend quant à lui le parti de ne pas appréhender l’action comme un « phénomène plein et saturé ». Il n’y a pas d’action sans argument de l’action, et l’action politique n’est possible qu’à partir du moment où une parole la relie au tout. Par son insistance incessante sur la nécessité de faire droit à la vie intérieure du phénomène politique, Pierre Manent n’a eu de cesse de renouer avec la dialectique de la politique antique, qui considère à la fois l’action et les paroles, dans une démarche lente, incertaine, tâtonnante – « démarche qui n’obéit à aucun protocole disciplinaire et qui pourtant […], ne va pas au hasard »[8]. Cette démarche cherche à suivre au plus près la raison des actions humaines. Il ne s’agit pas pour autant de se laisser séduire par le démagogue, ni de considérer tous les discours comme équivalents.

Sa confiance dans la raison humaine pour penser le monde humain rencontre enfin la finalité éducative explicite de son enseignement. La science pratique est la science de l’homme agissant chez les Anciens. De la même manière Pierre Manent tient ses propres analyses comme vides si elles se détachent de toute action réelle, si elles ne rendent pas meilleur le citoyen. La posture du savant ne peut être en aucun cas de surplomb – ainsi qu’il l’a développé abondamment dans la Cité de l’homme. C’est dans la mesure où la philosophie politique s’incarne dans une vie citoyenne que la pensée peut être fructueuse, et qu’elle peut « porter au jour, délivrer le raisonnement contenu dans le logos de notre action » [9]. Le penseur politique est donc savant et politique, même s’il doit veiller constamment à rester indépendant du prince. « Le philosophe est un éducateur, il éduque le corps civique, il essaie de formuler les termes de la législation en dégageant les critères de justice, il essaye d’instruire le législateur en général, il essaie d’instruire le citoyen en général. » [10] La science politique déployée par Pierre Manent est en ce sens un témoignage des possibles d’une science pratique véritable, un enseignement dont j’ai profité et qui a probablement changé pour toujours ma façon de dire le monde.

 

L’action muette et l’action impossible

 

Pierre Manent m’a proposé, alors que je ne n’étais qu’une jeune étudiante de maîtrise, d’analyser le phénomène que l’on désigne comme le « politiquement correct ». À ce moment-là, je ne mesurais pas encore la préoccupation immense de Pierre Manent pour ce que je tenais pour anecdotique et essentiellement polémique. J’ai été frappé à ce moment, également, de la manière dont mon professeur connaissait le monde contemporain : à jour des discours, des publications, des sorties cinématographiques, son jugement s’exerce avec une immense profondeur sur l’actualité politique ordinaire. « Rien de ce qui est humain ne doit m’être étranger » – la phrase célèbre de Térence illustre parfaitement je crois, l’intérêt de Pierre Manent pour tous les sujets politiques, pour tout ce que les hommes vivent, et par excellence, pour ce que disent ses concitoyens.

Quant au « politiquement correct », il n’est sans doute pas opportun de retracer ici le cheminement intellectuel complet qui fut le sien. De nouveau, c’est le lien délicat des paroles et des actions qui fait de son analyse la plus pertinente à mes yeux d’un phénomène dont beaucoup n’ont relevé que les similitudes trop évidentes avec les régimes totalitaires. Dans l’introduction aux Métamorphoses de la cité, Pierre Manent ne s’est pas complu à ce genre de raccourci. Il considère le « politiquement correct » comme « un aspect particulièrement significatif de l’autonomisation contemporaine de la parole. On n’attend plus que la parole soit liée à une action possible, donc elle est prise au sérieux comme si elle était elle-même action. » [11]Le penseur insiste sur le problème fondamental qu’est la destruction du lien politique entre ce que les hommes font et ce qu’ils disent. Si l’action possible ne mesure plus la parole, c’est que d’une part l’action politique est suspecte – au vu des évènements terribles de la seconde moitié du siècle dernier, et que d’autre part les paroles ne disent plus le réel mais élaborent des utopies de « régénération de l’humanité »[12]. Ce divorce a évidemment des conséquences catastrophiques dans l’exercice du « métier de citoyen » et du « métier d’homme ». Ces difficultés sont manifestes notamment à partir du moment où on mesure « les paroles à l’aune des intentions invisibles. » [13] Pierre Manent a été particulièrement sensible à cette essentialisation de la parole, qui manifeste en même temps sa perte de crédibilité.

Par ailleurs, le monde devient opaque, à partir du moment où il ne vient plus à la parole : Pierre Manent a d’emblée dénoncé la perte de l’intelligibilité liée à la peur d’employer certains termes. En effet, à partir du moment où des mots sont bannis sur des critères idéologiques, ce que ces termes pouvaient désigner avec précision est rejeté dans le flou des choses humaines devenues indistinctes. Tout au long de son enseignement, il a rappelé l’importance de s’exprimer dans une langue simple, dans des mots du langage ordinaire qui ont l’avantage de distinguer « naturellement » les réalités. « Une thèse scientifique sur les choses humaines dont les grandes lignes au moins ne peuvent être formulées dans la langue naturelle, c’est à dire en employant des notions et des mots usuels dans la vie sociale et politique, a pour moi quelque chose de scientifiquement insatisfaisant. » [14] Pierre Manent ne s’est jamais défait de cette conviction, ce qui a rendu son enseignement lisible « à deux niveaux ». J’en ai fait moi-même l’expérience: après un séminaire ou un entretien qui semble à première vue « évident » tant les termes utilisés sont courants, usuels, clairs, il convient toujours d’appréhender un second niveau d’intelligibilité, dans la mesure où les analyses les plus puissantes s’expriment en termes simples. Son amour du français se déploie en une conviction intellectuelle forte : « la perte de confiance dans la langue commune est une perte de confiance dans l’intelligence naturelle des êtres humains. »[15]

 

 

Optimisme ou fatalisme ?

 

Le diagnostic sans complaisance que Pierre Manent fait de l’état du monde politique contemporain l’a bien souvent fait prendre pour un Cassandre des temps modernes. Ses analyses peuvent paraître alarmistes, ne serait-ce que celles que les média relaient.[16] Pourtant, des lecteurs plus attentifs verront que la force avec laquelle Pierre Manent adresse ses critiques au monde contemporain est proportionnelle à sa foi résolue dans les possibles de la raison pratique. « Nous n’avons aucune excuse pour ne pas essayer de toutes nos forces de comprendre, donc d’évaluer, où nous en sommes. »[17] Aucun fatalisme, mais précisément une affirmation continue de la responsabilité des hommes agissants. Sa position va à l’exact opposé de celle « qui admet que la rencontre finale de l’action et de la parole sera en somme la rencontre de chaînes causales indépendantes»[18] et qui par conséquent aboutit à se laisser porter par le mouvement irrépressible du monde. Le séminaire de sa dernière année d’enseignement – du moins, je l’espère, seulement d’enseignement officiel à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales – a porté sur l’Ethique à Nicomaque. Ne faut-il pas y voir le signe de son optimisme dans la capacité des hommes à agir vertueusement, par les ressorts de l’éducation?

J’ai toujours admiré chez mon professeur sa participation à la vie réelle des « citoyens ordinaires ». Refusant une posture magistérielle de surplomb, il est fréquemment intervenu par interviews et articles interposés sur la chose publique, non seulement par « simple politesse civique » mais aussi, plus fondamentalement parce qu’il lui semble essentiel pour la réflexion « d’éprouver l’expérience politique et d’y participer »[19]. S’exprimant de la sorte, Pierre Manent refusa de verser dans l’ironie – à l’inverse de nombreux éditorialistes, considérant que « l’effet cumulé, l’effet social de la généralisation de l’ironie, c’est tout de même un rétrécissement progressif des capacités humaines »[20]. Rien de grinçant donc chez celui qui prend au sérieux la perte de confiance dans la nature politique de l’homme. Il ne fuit pas non plus la controverse, mais trouve précisément dans le débat d’opinions sur l’agora le signe de la vitalité d’une communauté politique – d’où sa préoccupation quant aux effets du « politiquement correct » qui biaise le débat en bannissant des termes.

 

La clairvoyance bienveillante

 

Pierre Manent bouscule le monde universitaire parce qu’on ne peut le « classer ». Embrassant les préoccupations communes, il s’appuie aussi bien sur la littérature que sur le canon philosophique, considérant que cette première met en mots l’expérience humaine, insistant sur « l’importance politique de la littérature, qui n’a rien à voir avec les interventions politiques des écrivains »[21]. La partition des sciences et des disciplines, qui va de pair souvent avec une spécialisation techniciste du langage, doit, pour lui, être dépassée. La multiplication des langues et des paroles « loin de nous donner les instruments d’une compréhension plus fine ou plus rigoureuse, multiplie les béquilles avec lesquelles nous essayons vainement de compenser notre perte de confiance en notre capacité de comprendre et de dire »[22]. L’enquête sur les motifs humains ne peut alors faire l’économie de la prise au sérieux de ce que les citoyens disent d’eux-mêmes, de ce qu’ils vivent.

 

Pierre Manent a su tenir ensemble « l’opacité de l’expérience humaine » et l’analyse des motifs communs de l’agir humain. A cent lieux d’une systématisation de l’expérience humaine, une tendance à l’abstraction qu’il fuit, il ne renonce pas pour autant face à l’insurmontable diversité des hommes et des discours. A l’école de Pierre Manent, c’est conscients de la difficulté de la tâche et animés de l’ambition raisonnable de comprendre l’agir humain que l’on s’engage à la recherche de la science politique authentique. Ces quelques mots, bien maladroits, n’ont cherché qu’à manifester l’importance que Pierre Manent a eu dans ma vie intellectuelle. Je laisse à des chercheurs plus qualifiés le soin de manifester son apport immense à la science politique contemporaine.

 

[1] Pierre Manent, Le regard politique, Paris, Flammarion, 2010, p. 9.

[2] Pierre Manent, Les métamorphoses de la cité, Paris, Flammarion, 2010, p. 18.

[3] Pierre Manent, Le regard politique, Paris, Flammarion, 2010, p. 9

[4] Ibid.

[5] Pierre Manent, Naissances de la politique moderne, Paris, Gallimard, 2007, p. 14.

[6] Pierre Manent, Le regard politique, op. cit., p.14

[7] Voir notamment la table ronde autour de « l’humaine condition » du 13 janvier 2013 à l’institut Michel Villey et le séminaire du 17 janvier 2014.

[8] Pierre Manent, Le regard politique, op. cit., p.10

[9] Séminaire du 21 mars 2014.

[10] Pierre Manent, Le regard politique, op. cit., p. 195.

[11] Pierre Manent, Les métamorphoses de la cité, op. cit., p. 19.

[12] Expression consacrée par François Furet décrivant la Political Correctness dans les années 1970.

[13] Pierre Manent, Les métamorphoses de la cité, op. cit., p. 19.

[14] Pierre Manent, Le regard politique, op. cit., p. 152.

[15] Ibid., p. 152.

[16] Ne serait-ce que la récente interview au Figaro du 17 janvier 2014.

[17] Pierre Manent, Le regard politique, op. cit., p. 18.

[18] Pierre Manent, Les métamorphoses de la cité, op. cit., p. 19.

[19] Pierre Manent, Le regard politique, op. cit. p.192

[20] Ibid. p.43

[21] Ibid., p. 153.

[22] Ibid., p. 155.

 

 

Pour citer cet article :
Violaine Ricard, « Des mots pour dire l’expérience humaine », Cahiers de l’AMEP, no1, volet 1, 2014, p. 49-56.
http://etudespolitiques.org/wp/cahiers/n-1/dire-lexperience-humaine/

 

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